Dans un accueil collectif de mineurs, la trousse de secours doit permettre de prendre en charge les petites blessures et de protéger le groupe en attendant l’intervention des secours lorsque la situation l’exige.
Les principaux textes encadrant le suivi sanitaire ne fixent toutefois pas une composition nationale unique valable pour tous les ACM. Le contenu doit être adapté à l’effectif, aux activités organisées, au lieu d’accueil et à l’éloignement des services de secours.
Cadre réglementaire
Trousse de secours en ACM : que prévoit la réglementation ?
Le Code de l’action sociale et des familles impose à l’organisateur de mettre à disposition du directeur et de son équipe des moyens permettant d’alerter rapidement les secours. La liste des personnes et organismes pouvant intervenir en urgence doit également être disponible.
Un registre mentionnant les soins donnés aux mineurs doit être tenu. Le suivi sanitaire est confié à une personne désignée par le directeur de l’accueil.
Existe-t-il une liste officielle pour la trousse de secours en ACM ?
Les textes relatifs au suivi sanitaire ne fixent pas une liste exhaustive de produits identique pour toutes les structures.
On parle parfois de « liste de pharmacie Jeunesse et Sports », mais cette appellation ne correspond pas à une liste nationale imposant les mêmes produits à tous les accueils. Elle désigne plutôt une base de matériel à adapter aux besoins réels de la structure.
Pour préparer une trousse réellement adaptée, il faut tenir compte :
du nombre de mineurs et d’encadrants ;
de la durée de l’accueil ;
des activités pratiquées ;
des sorties prévues ;
des conditions climatiques ;
de la distance avec les services de secours ;
des possibilités de réapprovisionnement.
Le Code du sport s’applique-t-il à tous les ACM ?
Lorsqu’une activité sportive se déroule dans un établissement relevant du Code du sport, celui-ci doit disposer d’une trousse destinée aux premiers soins et d’un moyen de communication permettant d’alerter rapidement les secours. Cette disposition ne doit cependant pas être présentée comme l’unique fondement réglementaire de tous les ACM.
À retenir
Une personne doit être désignée pour assurer le suivi sanitaire.
Les soins apportés aux mineurs doivent être consignés dans un registre.
La trousse collective doit rester distincte des traitements individuels.
Une trousse fixe doit généralement être complétée par une trousse mobile lors des sorties.
Le matériel doit être contrôlé après utilisation et selon une fréquence définie.
Qui est responsable de la trousse et du suivi sanitaire ?
Sous l’autorité du directeur, un membre de l’équipe d’encadrement est chargé du suivi sanitaire.
Le point clé
La responsabilité ne se limite pas à posséder une formation : elle implique d’organiser le suivi, le registre, les traitements et la mise à jour du matériel.
Les missions de suivi
Ses missions comprennent notamment :
la vérification des renseignements médicaux transmis ;
l’identification des allergies signalées ;
le suivi des mineurs devant prendre un traitement ;
la tenue du registre des soins ;
la mise à jour des trousses de premiers soins.
La formation aux premiers secours
L’arrêté du 20 février 2003 précise que, dans les « centres de vacances », cette personne doit être titulaire d’une attestation de formation aux premiers secours. Cette règle ne doit pas être transformée en affirmation selon laquelle le PSC1 serait exigé de manière identique dans toutes les catégories d’ACM.
Une formation aux gestes de premiers secours reste néanmoins essentielle pour permettre à l’équipe de réagir correctement. La présence d’une trousse ne remplace ni la formation, ni l’alerte des services compétents.
La confidentialité des informations
Les renseignements médicaux et les informations inscrites dans le registre sont confidentiels. Leur accès doit être limité aux personnes qui en ont besoin pour assurer le suivi sanitaire.
Ciseaux, pince à échardes, tire-tique selon l’environnement.
Protéger du froid ou des intempéries
Couverture de survie, poche de froid si son utilisation est prévue.
Alerter et assurer le suivi
Numéros d’urgence, consignes internes, registre ou fiche de soins.
La trousse doit rester lisible, facilement contrôlable et organisée selon les besoins qu’elle doit couvrir.
Cette liste constitue une base indicative. Elle doit toujours être ajustée aux activités prévues, à l’effectif accueilli et aux conditions d’intervention.
Si des épingles de sûreté sont conservées pour fixer certaines bandes, elles doivent être protégées et rangées dans un compartiment clairement identifié.
Une crème solaire peut être intégrée à l’organisation préventive d’une activité extérieure, mais elle ne remplace pas l’accès à l’eau, les zones ombragées, les vêtements adaptés et la limitation de l’exposition. Elle n’a pas nécessairement sa place dans le compartiment réservé aux premiers soins.
Les médicaments, les crèmes médicamenteuses et les pommades ne doivent pas être ajoutés automatiquement à la trousse collective.
Une seule trousse rangée dans un bureau ne couvre pas toujours les besoins d’un groupe réparti sur plusieurs lieux.
Accueil de loisirs sans hébergement : Trousse fixe accessible aux adultes et trousse mobile pour les sorties.
Séjour avec hébergement : Trousse principale, équipements mobiles et rangement séparé des traitements.
Activité sportive : Matériel adapté aux risques de l’activité et moyen d’alerte disponible.
Sortie en nature : Format transportable, protection contre l’humidité, couverture de survie et tire-tique selon le terrain.
Groupe réparti sur plusieurs lieux : Plusieurs points de secours ou trousses confiées à des responsables identifiés.
Les quantités à prévoir dépendent de l’effectif, de la durée de l’accueil, de la fréquence des sorties et de la possibilité de remplacer rapidement les consommables utilisés.
Une armoire à pharmacie fixe peut compléter l’organisation d’un établissement. Elle ne remplace toutefois pas une trousse transportable lorsque le groupe quitte les locaux.
Traitements individuels
Médicaments, ordonnances et PAI : quelles précautions ?
La trousse collective sert aux premiers soins. Les traitements prescrits à un mineur relèvent d’une organisation distincte.
Lorsqu’un traitement doit être pris pendant l’accueil
l’ordonnance doit être transmise ;
les médicaments doivent rester dans leur emballage d’origine ;
la notice doit être conservée ;
le nom et le prénom du mineur doivent apparaître sur l’emballage ;
les conditions particulières d’utilisation doivent être communiquées.
Conservation des médicaments
Les médicaments sont conservés dans un contenant fermé à clé, sauf lorsque la nature du traitement impose qu’il reste en permanence à la disposition de l’enfant. Ils doivent être restitués aux responsables légaux à la fin de l’accueil.
Le rôle du PAI
Un projet d’accueil individualisé, ou PAI, peut préciser les adaptations nécessaires pour un enfant atteint d’une maladie chronique, d’une allergie ou d’un autre trouble de santé. Il organise notamment ses besoins thérapeutiques et les conditions de sa participation à la vie en collectivité, y compris dans un centre de loisirs.
Comment ranger, contrôler et réapprovisionner la trousse ?
Une trousse de secours efficace doit être identifiable, accessible rapidement aux adultes et protégée de la chaleur, de l’humidité et des dégradations.
Son contrôle doit être effectué :
Avant le début d’un séjour
Avant une sortie importante
Après chaque utilisation
Selon une fréquence planifiée
Il faut vérifier :
les quantités disponibles ;
les dates de péremption ;
l’intégrité des emballages ;
la lisibilité des étiquettes ;
la présence des coordonnées d’urgence ;
l’état du petit matériel ;
la cohérence du contenu avec les activités à venir.
Tout élément utilisé, ouvert, périmé ou détérioré doit être remplacé.
Le registre doit permettre de retrouver la date et l’heure du soin, l’identité du mineur, la nature de l’incident, les gestes réalisés, les produits utilisés et l’identité de la personne intervenue.
Quelle trousse choisir pour un centre de loisirs ou un séjour ?
Le choix dépend en premier lieu du matériel déjà disponible.
Une trousse complèteconvient à la création d’un premier point de secours.
Une rechargepermet de remettre à niveau un contenant encore adapté.
Une trousse videconvient à une structure qui possède déjà sa propre liste et souhaite organiser son matériel.
Avant l’achat, vérifiez l’effectif, le type d’activités, la mobilité du groupe et le nombre de points de secours nécessaires.
Une trousse prête à l’emploi constitue un point de départ. L’organisateur doit ensuite vérifier qu’elle correspond bien à l’effectif, aux activités et au fonctionnement de l’accueil.
Questions fréquentes sur la trousse de secours en ACM
Le PSC1 est-il obligatoire dans tous les ACM ?
Le texte prévoit qu’un membre de l’équipe assure le suivi sanitaire et mentionne une attestation de formation aux premiers secours dans les centres de vacances. La règle applicable doit donc être vérifiée selon la catégorie exacte de l’accueil.
Peut-on mettre du paracétamol dans la trousse collective ?
Un médicament ne doit pas être ajouté à la trousse collective comme un consommable ordinaire. Les traitements d’un mineur doivent être gérés avec l’ordonnance, l’emballage d’origine et les consignes applicables.
Une infirmerie est-elle obligatoire en centre de loisirs ?
Les accueils avec hébergement doivent disposer d’un lieu permettant d’isoler les malades. Pour un accueil sans hébergement, la structure doit organiser une prise en charge adaptée sans présenter systématiquement une « infirmerie » comme une obligation nationale identique dans tous les cas.
Faut-il une trousse distincte pour chaque sortie ?
Une trousse mobile est nécessaire lorsque le groupe s’éloigne du point de secours fixe. Elle doit être contrôlée avant le départ, confiée à un adulte identifié et remise à niveau au retour.
Une trousse adaptée, puis maintenue à jour
La qualité d’une trousse de secours ne dépend pas du nombre de produits qu’elle contient.
Elle dépend surtout de son adaptation aux activités, de son accessibilité, de la séparation entre matériel collectif et traitements individuels, ainsi que d’un contrôle régulier. Une liste simple, comprise par l’équipe et tenue à jour, est plus utile qu’une pharmacie surchargée et mal organisée.
Notre guide sur la trousse de secours rassemble les repères utiles pour choisir, organiser et entretenir ce type d’équipement dans d’autres contextes.