Que mettre dans une trousse de secours ?
Un accident à la maison, une coupure sur le lieu de travail, un malaise en route… Ces incidents inattendus peuvent se produire à tout moment. Dans ces moments critiques, avoir une trousse de secours correctement fournie peut s'avérer essentiel. Cependant, beaucoup de gens ne savent pas ce qu'elle devrait contenir ou se demandent quelles sont les exigences légales à ce sujet. En France, le contenu d'une trousse de premiers secours n'est pas toujours défini par des lois précises.
Si certaines situations professionnelles ou certains types de véhicules de transport imposent des règles spécifiques, d'autres, comme l'utilisation domestique, relèvent principalement du bon sens et des recommandations de la Croix-Rouge, de l'INRS ou du ministère du Travail.
Alors, quels éléments doivent absolument figurer dans une trousse de secours ? Quelles erreurs faut-il éviter et quelles variations existent selon les contextes (domicile, entreprise, véhicule, activités sportives, etc.) ?
SOMMAIRE
● Les indispensables d'une trousse de secours
● Ce qu'il faut éviter de mettre dans une trousse de secours
Les indispensables d'une trousse de secours
Bien qu'il n'existe aucune liste unique et universellement obligatoire pour une trousse de secours en France, en particulier pour l'usage privé, les organismes de référence tels que la Croix-Rouge française et l'INRS fournissent des recommandations précises sur les articles indispensables pour le grand public et les milieux professionnels.
On retrouve parmis ces recommandations, la mention de « kit minimaliste (grand public) » qui convient pour la maison ou les voyages, dont l'objectif est de faire face aux blessures courantes et d'apporter les premiers soins en attendant l'arrivée des secours.
Voici les catégories et les éléments considérés comme indispensables dans une trousse de secours généraliste :
Protection et Alerte
Ces éléments sont essentiels pour protéger à la fois le secouriste et la victime lors des soins :
- Une paire de gants jetables (non latex).
- Un masque de poche pour le bouche-à-bouche (ou masque de protection).
- Une fiche contenant les numéros de secours (SAMU 15, pompiers 18, centre antipoison, etc.) et contacts proches.
- Un guide de premiers secours est également considéré comme très utile pour savoir comment réagir.
Soin des Plaies et Blessures Légères
Le matériel pour soigner les plaies permet de nettoyer, de désinfecter et de couvrir les blessures superficielles :
- Des compresses stériles de différentes tailles.
- Des pansements assortis (tailles variées).
- Un rouleau de sparadrap.
- Une paire de ciseaux à bouts ronds (pour découper pansements, bandes ou vêtements si nécessaire).
- Une pince fine (pour retirer les échardes ou les dards d'insectes).
- Des bandes extensibles (pour faire un bandage ou maintenir une compresse).
Désinfection et Nettoyage
Ces produits sont nécessaires pour le nettoyage initial et la désinfection avant le pansement :
- Des dosettes d'antiseptique cutané non coloré (type chlorhexidine aqueuse), pour désinfecter les plaies superficielles. Il est recommandé de privilégier les antiseptiques incolores qui ne masquent pas la plaie, plutôt que les solutions colorées à base d'iode.
- Des dosettes de sérum physiologique (pour rincer les plaies ou les yeux).
Équipement d'Urgence
Ces éléments sont cruciaux pour la gestion d'une victime en état de choc ou en cas de malaise :
- Une couverture de survie isotherme (indispensable pour couvrir une victime en état de choc ou en hypothermie).
- Un sac de froid instantané (pour réduire les contusions ou soulager une entorse).
- De petits sachets de sucre ou une solution sucrée (utile en cas de malaise hypoglycémique).
- Un coussin hémostatique d'urgence (pansement compressif stérile) est également recommandé pour comprimer une hémorragie importante en attendant les secours.
Points de vigilance (Éléments à éviter)
Quel que soit le contexte (domicile, entreprise ou ERP), il est fortement déconseillé, voire interdit en milieu collectif, d'inclure des médicaments (comme le paracétamol ou l'ibuprofène) dans une trousse de secours collective. La trousse est dédiée aux gestes d'urgence non médicaux (nettoyer, couvrir, protéger), et l'administration de médicaments par une personne non médecin comporte des risques juridiques et sanitaires. Il est préférable de conserver les traitements médicamenteux à part, dans une armoire à pharmacie sécurisée.
De plus, il est conseillé d'éviter le coton hydrophile, car ses fibres adhèrent aux plaies et peuvent favoriser l'infection. Il faut plutôt utiliser des compresses stériles non tissées.
Enfin, il est impératif que le contenu de la trousse soit adapté aux risques du contexte. Par exemple, un kit pour les chantiers (BTP) sera plus robuste et inclura des pansements compressifs et des attelles, contrairement à une trousse pour un bureau.
Ce qu'il faut éviter de mettre dans une trousse de secours
Ce qu'il faut éviter de mettre dans une trousse de secours est principalement lié aux risques juridiques, sanitaires et d'aggravation des blessures. Les sources sont claires sur le fait qu'une trousse de secours collective est destinée aux gestes d'urgence non médicaux (nettoyer, couvrir, protéger, etc.).
Voici les éléments qu'il est formellement déconseillé ou interdit d'inclure dans une trousse de secours :
1. Les Médicaments (Interdiction Formelle en Milieu Collectif)
L'interdiction des médicaments est la précaution la plus importante et s'applique aux entreprises, aux véhicules de société et aux Établissements Recevant du Public (ERP).
- Raison de l'interdiction : Fournir des médicaments aux salariés ou au public via la trousse pourrait être assimilé à un exercice illégal de la pharmacie ou de la médecine. Cela expose à des risques d'erreurs d'administration (allergies, contre-indications).
- Médicaments Proscrits : Il est formellement interdit de doter les trousses de secours de médicaments. Ceci inclut même les médicaments courants et en vente libre tels que le paracétamol, l'ibuprofène, les antalgiques, les anti-inflammatoires, les antihistaminiques, ou les pommades.
- Règles de Stockage : Les traitements médicamenteux (y compris pour usage familial) devraient être conservés séparément dans une armoire à pharmacie sécurisée et sous clé.
2. Le Matériel de Soin Spécifique
Certains articles de soin, bien qu'utilisés autrefois, sont désormais déconseillés ou nécessitent une expertise médicale :
- Le Coton Hydrophile : Il est déconseillé car ses fibres adhèrent aux plaies et peuvent favoriser l'infection. Il doit être remplacé par des compresses stériles non tissées.
- Tentative d'Extraction : En milieu non médical, il faut éviter de tenter d'extraire un corps étranger profondément fiché avec une pince à épiler, au risque d'aggraver la blessure.
- Matériel de Diagnostic Inapproprié : On évite de mettre dans la trousse du matériel dont l'utilisation nécessite un diagnostic médical, comme un tensiomètre, car un agent non formé ne saurait pas interpréter les résultats correctement.
- Anciens Désinfectants : Évitez de conserver des articles dépassés ou non conformes, comme l'éther ou l'alcool à 90° pour désinfecter – ce n'est plus recommandé du tout.
3. Les Problèmes de Conservation
L'efficacité d'une trousse est compromise si son contenu est périmé ou endommagé :
- Produits Périmés : Il faut s'assurer d'éliminer les éléments périmés (solutions antiseptiques, hydrogel de brûlure, sérum physiologique) et de vérifier l'intégrité des emballages stériles.
- Flacons Fragiles (dans les véhicules) : Dans les véhicules (où il peut y avoir de fortes chaleurs l'été), il faut éviter les flacons fragiles et privilégier les dosettes scellées en plastique pour le sérum physiologique, car les flacons pourraient couler ou geler. Les fortes chaleurs dégradent aussi les produits pharmaceutiques.
- Aérosols Non Fixés : Si la trousse contient des aérosols (spray antiseptique, petit extincteur), il faut s'assurer qu'ils sont bien arrimés et supportent les variations de température pour ne pas exploser.
En résumé
La trousse de secours doit se concentrer sur les indispensables faciles à utiliser pour "nettoyer et protéger une plaie, arrêter un petit saignement, soutenir une entorse, prévenir la détérioration d'un blessé".